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Assurance responsabilité civile pro : tout ce qu'un entrepreneur doit savoir

Assurance responsabilité civile pro : obligation, garanties, exclusions et pièges à éviter. Le guide pratique 2026 pour les TPE et indépendants qui veulent

Olivier MichelOlivier Michel 20 min de lecture
Assurance responsabilité civile pro : guide complet 2026

L'assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) couvre les dommages (corporels, matériels, immatériels) causés à des tiers par votre entreprise. Obligatoire pour les professions réglementées (BTP, santé, droit), elle est indispensable pour toutes les autres afin de protéger le patrimoine de l'entrepreneur en cas de sinistre.

L'assurance responsabilité civile pro (RC Pro) est le bouclier qui protège votre entreprise des conséquences financières d'un dommage causé à un tiers. Elle intervient pour indemniser un client, un fournisseur ou toute autre personne qui subirait un préjudice du fait de votre activité professionnelle, que ce soit par erreur, négligence ou omission. Loin d'être une simple formalité, cette couverture est une sécurité indispensable pour la pérennité de toute TPE ou activité indépendante, qu'elle soit légalement obligatoire ou non. Comprendre ses mécanismes, ses garanties et ses limites est donc une étape cruciale pour tout entrepreneur.

En bref

  • La RC Pro couvre les dommages corporels, matériels et immatériels causés à des tiers dans le cadre de votre activité.
  • Elle est légalement obligatoire pour les professions réglementées (BTP, santé, droit...) et fortement recommandée pour toutes les autres.
  • Le statut de micro-entrepreneur ne protège pas le patrimoine personnel ; la RC Pro reste donc essentielle.
  • Les plafonds de garantie et les franchises sont les deux points les plus importants à comparer entre les contrats.
  • Attention aux clauses de temporalité : un contrat en base « réclamation » ne couvre plus les sinistres déclarés après sa résiliation.

Qu'est-ce que l'assurance responsabilité civile professionnelle ?

L'assurance responsabilité civile professionnelle, souvent abrégée en RC Pro, est un contrat qui a pour but de protéger une entreprise contre les dommages qu'elle pourrait causer à des tiers dans le cadre de son activité. Le principe est simple : si votre entreprise, un de vos salariés ou votre matériel cause un préjudice à un client, un fournisseur ou toute autre personne, l'assureur se substitue à vous pour indemniser la victime. Cette couverture repose sur le principe de la responsabilité civile édicté par le Code civil (Légifrance, 2026), qui stipule que toute personne qui cause un dommage à autrui doit le réparer.

Concrètement, la RC Pro intervient après la livraison d'un produit ou la réalisation d'une prestation. Par exemple, un consultant en informatique qui commet une erreur dans son code, provoquant une perte de données et un manque à gagner pour son client, verra sa RC Pro sollicitée. De même, un électricien dont l'intervention défectueuse cause un incendie est directement concerné. Cette assurance est le filet de sécurité qui préserve la trésorerie et la survie de l'entreprise face à des réclamations qui peuvent atteindre des montants très élevés, parfois plusieurs centaines de milliers d'euros.

RC pro vs RC d'exploitation : la différence qui compte

Il est crucial de ne pas confondre la RC Professionnelle (RC Pro) avec la Responsabilité Civile d'Exploitation (RCE). La distinction est simple :

  • La RC Pro couvre les dommages liés directement à l'exécution de vos prestations. C'est le cœur de votre métier qui est en jeu. L'exemple type est l'erreur de conception d'un architecte ou le diagnostic erroné d'un expert.
  • La RCE couvre les dommages causés à des tiers durant la vie courante de l'entreprise, mais en dehors de la réalisation de la prestation elle-même. Par exemple, si un client glisse sur le sol mouillé de votre boutique ou si vous endommagez l'ascenseur en livrant du matériel chez un client.

Bien que souvent proposées dans un même contrat, ces deux garanties protègent de risques bien distincts. Pour une TPE, s'assurer que les deux volets sont bien présents et adaptés à l'activité est une précaution de base.

Quels dommages sont couverts ? (corporels, matériels, immatériels)

Une bonne police d'assurance RC Pro couvre trois grandes familles de dommages causés à un tiers :

  • Les dommages corporels : Il s'agit des atteintes à l'intégrité physique d'une personne, comme une blessure ou un décès. Par exemple, un produit cosmétique que vous vendez provoque une grave réaction allergique chez une cliente.
  • Les dommages matériels : Ils concernent la détérioration, la destruction ou la perte d'un bien appartenant à un tiers. Un peintre qui fait tomber un pot de peinture et endommage un meuble de valeur chez son client cause un dommage matériel.
  • Les dommages immatériels : C'est une catégorie plus subtile qui inclut les pertes financières subies par un tiers, consécutives ou non à un dommage matériel ou corporel. Une panne informatique causée par votre intervention (dommage immatériel non consécutif) ou la perte de chiffre d'affaires d'un restaurant qui doit fermer à cause de vos travaux (dommage immatériel consécutif) en sont des illustrations.

RC pro obligatoire ou facultative : ce que dit la loi selon votre métier

La question de l'obligation de souscrire une assurance RC Pro est centrale et dépend directement de la nature de l'activité exercée. Il n'existe pas de règle unique ; la loi impose cette couverture à certaines professions pour protéger les clients et les tiers contre les risques inhérents à ces métiers, tandis que pour d'autres, elle reste une précaution volontaire mais commercialement indispensable.

La base légale de la responsabilité est l'article 1240 du Code civil, qui engage toute personne causant un dommage. L'assurance vient simplement transférer le risque financier à un assureur. Pour savoir si votre activité est soumise à une obligation d'assurance, il est impératif de se référer aux textes spécifiques qui la régissent. Le portail officiel service-public.fr (2026) propose des fiches détaillées pour de nombreuses professions. Il est conseillé de consulter cette source ou de se rapprocher d'une organisation professionnelle pour obtenir une information fiable et à jour, car la liste des professions concernées évolue. Une analyse précise de votre situation est une étape incontournable avant de démarrer toute activité.

Professions avec obligation légale de RC pro

La loi rend l'assurance de responsabilité civile professionnelle obligatoire pour les professions dites « réglementées ». Cette obligation vise à garantir l'indemnisation des victimes même en cas de défaillance du professionnel. Sont notamment concernés :

  • Les professionnels du BTP : Ils sont soumis à l'obligation d'assurance décennale (loi Spinetta de 1978) et de RC pro pour les dommages causés aux tiers pendant les travaux.
  • Les professionnels de santé : Médecins, infirmiers, dentistes, ostéopathes... tous doivent être couverts pour les risques liés aux actes de soin.
  • Les professions du droit et du conseil : Avocats, notaires, huissiers, experts-comptables, agents généraux d'assurance ont l'obligation de s'assurer pour couvrir les conséquences d'erreurs ou de négligences dans leurs conseils.
  • Les agents immobiliers et professionnels de l'immobilier : La loi Hoguet leur impose une RC Pro.
  • Les agences de voyages et les professionnels du tourisme.

Pour ces métiers, l'attestation d'assurance est souvent une condition sine qua non à l'inscription à un ordre professionnel ou à l'exercice même de l'activité.

Professions pour lesquelles la RC pro est fortement recommandée sans être obligatoire

Pour une vaste majorité d'activités, notamment dans les services à la personne, le conseil non réglementé, l'artisanat hors BTP ou le commerce, la loi n'impose pas de RC pro. Cependant, elle est dans les faits indispensable pour plusieurs raisons :

  • Exigence contractuelle : De plus en plus de clients, en particulier les grandes entreprises ou les marchés publics, exigent une attestation de RC pro avant de signer un contrat. Ne pas en avoir, c'est se fermer des portes.
  • Protection du patrimoine : Un sinistre important peut anéantir des années de travail. Sans assurance, l'entrepreneur est redevable sur son patrimoine professionnel et personnel (surtout en entreprise individuelle).
  • Crédibilité professionnelle : Être assuré est un gage de sérieux et de professionnalisme qui rassure les clients et les partenaires.

En pratique, tout entrepreneur qui interagit avec des clients ou des fournisseurs devrait considérer la RC Pro non comme un coût, mais comme un investissement pour sécuriser son activité. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur les assurance RC pro : obligations et garanties selon votre métier.

Le cas particulier des micro-entrepreneurs et auto-entrepreneurs

Le statut de micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur) est une facilité administrative et fiscale, pas une protection juridique. Une erreur fréquente est de penser que ce statut limite la responsabilité. C'est faux : en cas de dommage causé à un tiers, c'est l'ensemble du patrimoine personnel de l'entrepreneur qui est engagé. L'assurance RC Pro est donc tout aussi cruciale, sinon plus, pour un micro-entrepreneur que pour une société.

Si l'activité exercée fait partie des professions réglementées (par exemple, un artisan du BTP en micro-entreprise), l'obligation d'assurance est exactement la même. Pour les autres, la recommandation est tout aussi forte. Les risques liés à l'activité ne disparaissent pas avec le statut juridique. Pour approfondir le sujet, notre article dédié à la RC pro pour les micro-entrepreneurs : ce qui est vraiment couvert détaille les points de vigilance spécifiques.

Ce que couvre (et ne couvre pas) une RC pro : les garanties à passer au crible

Un contrat d'assurance RC Pro est un document complexe dont la valeur réside dans les détails. Au-delà du prix, c'est la lecture attentive des garanties, mais surtout des exclusions et des limites, qui permet de juger de la qualité d'une couverture. Se focaliser uniquement sur le tarif est une erreur qui peut coûter très cher en cas de sinistre.

Les deux éléments financiers à scruter sont la franchise et le plafond de garantie. La franchise est la somme qui reste à votre charge en cas de sinistre indemnisé. Un contrat moins cher peut cacher une franchise très élevée. Le plafond de garantie est le montant maximal que l'assureur paiera. Un plafond trop bas par rapport aux risques de votre activité (par exemple, 150 000 € pour un métier où les dommages peuvent atteindre le double) rend l'assurance partiellement inefficace. Il faut évaluer le pire scénario possible dans votre activité et choisir un plafond en conséquence. La pertinence d'un contrat se mesure à sa capacité à répondre présent le jour où vous en avez vraiment besoin.

Les garanties incluses dans la majorité des contrats RC pro

La plupart des contrats d'assurance responsabilité civile professionnelle incluent un socle de garanties communes. Celles-ci forment la base de votre protection et doivent être clairement mentionnées dans les conditions générales et particulières. On y retrouve typiquement :

  • La Responsabilité Civile d'Exploitation (RCE) : Couvre les dommages causés pendant la vie de l'entreprise, hors prestations.
  • La Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) : Couvre les dommages survenant du fait des prestations de l'entreprise.
  • La garantie défense et recours : L'assureur prend en charge votre défense si vous êtes mis en cause (frais d'avocat, d'expertise) et exerce le recours contre le responsable si vous êtes victime.
  • La couverture des dommages immatériels : Essentielle pour les métiers de service, elle couvre les pertes financières de vos clients.
  • La faute inexcusable de l'employeur : Vous couvre si votre responsabilité est engagée suite à un accident du travail d'un salarié.

Certains contrats incluent aussi une protection juridique plus large, qui peut vous accompagner pour des litiges hors sinistres.

Les exclusions fréquentes à repérer avant de signer

Le diable se cache dans les détails, et en assurance, il se trouve dans les clauses d'exclusion. Chaque contrat en comporte et il est vital de les lire avant de signer. Les exclusions les plus fréquentes sont :

  • La faute intentionnelle ou dolosive : Si vous causez un dommage volontairement, l'assurance ne fonctionnera jamais.
  • Les amendes et sanctions pénales : Une assurance ne peut pas couvrir les conséquences d'une infraction à la loi.
  • Les activités non déclarées : Le contrat ne couvre que les activités précisément listées. Si vous vous diversifiez, vous devez le signaler à votre assureur.
  • Les dommages sur les biens confiés : Souvent en option, cette garantie est cruciale si vous travaillez sur des objets appartenant à vos clients (ex: un réparateur informatique).
  • Les risques spécifiques : Les risques cyber, environnementaux ou liés à la propriété intellectuelle sont généralement exclus des contrats de base et nécessitent des extensions de garantie spécifiques.
  • Les engagements contractuels non standards : Si vous acceptez des pénalités de retard démesurées dans un contrat, votre assureur pourrait refuser de les couvrir.

ERREUR COURANTE : confondre base « fait dommageable » et base « réclamation » : les conséquences réelles

⚠️ Attention : L'une des erreurs les plus graves pour un entrepreneur est d'ignorer la base de déclenchement de la garantie. Il en existe deux, aux conséquences radicalement différentes.

  • Base « fait dommageable » : Le contrat vous couvre si l'événement à l'origine du dommage a eu lieu pendant la période de validité de votre contrat, même si la réclamation du client intervient des années après la résiliation. C'est la base la plus sécurisante.
  • Base « réclamation » : Le contrat ne vous couvre que si deux conditions sont réunies : le fait dommageable a eu lieu pendant la validité du contrat ET la réclamation de la victime est formulée avant la résiliation de ce même contrat.

Le risque est énorme avec un contrat en base « réclamation ». Si vous changez d'assureur ou cessez votre activité, un client pourrait vous adresser une réclamation pour une prestation passée. Votre ancien assureur refuserait de couvrir, et le nouveau également car le fait dommageable est antérieur à sa prise de garantie. Vous vous retrouveriez sans aucune couverture. Il est donc fondamental de privilégier les contrats en base « fait dommageable » ou, à défaut, de souscrire une "garantie subséquente" lors de la résiliation d'un contrat en base réclamation.

CAS PRATIQUE : un artisan en bâtiment face à un sinistre RC pro

Pour bien comprendre le fonctionnement d'une assurance RC Pro, rien ne vaut un exemple concret. Les chiffres et les situations permettent de matérialiser ce qui reste souvent abstrait dans les conditions générales d'un contrat. L'objectif de ce cas pratique, présenté à titre d'illustration, est de suivre les étapes clés d'un sinistre courant pour un artisan et de voir comment une bonne ou une mauvaise couverture peut changer radicalement l'issue pour son entreprise.

Ce scénario met en lumière l'interaction entre les différents éléments du contrat : le fait générateur du dommage, la déclaration, l'expertise, le rôle de la franchise et l'importance du plafond de garantie. Il montre que l'assurance n'est pas qu'une ligne de coût, mais un partenaire actif dans la gestion des risques qui peuvent affecter la viabilité d'une TPE. C'est en anticipant ces situations que l'on peut choisir la couverture la plus adaptée à sa réalité de terrain.

Le scénario : une fuite d'eau chez un client

Prenons le cas d'un plombier TPE intervenant chez un particulier pour remplacer un chauffe-eau. Durant l'opération, une soudure mal réalisée cède quelques heures après son départ, provoquant une fuite d'eau importante pendant la nuit. Au matin, le client découvre son parquet en chêne massif entièrement inondé et gondolé. Les dégâts s'étendent également au plafond de l'appartement du dessous. Le coût total de la remise en état (remplacement du parquet, reprise des peintures, réparations chez le voisin) est estimé par les experts à plusieurs milliers d'euros. Le client se retourne logiquement contre le plombier, dont la prestation est directement à l'origine du sinistre. C'est un cas typique de mise en jeu de la responsabilité civile professionnelle.

Déclaration, instruction du dossier et indemnisation : les étapes clés

Face à la réclamation de son client, le plombier doit suivre une procédure précise pour que sa garantie RC pro soit activée :

  1. Déclaration du sinistre : Il doit immédiatement (généralement sous 5 jours ouvrés) déclarer le sinistre à son assureur par lettre recommandée. Il y joint tous les éléments : description des faits, coordonnées du client et du voisin, photos des dégâts.
  2. Nomination d'un expert : L'assureur missionne un expert pour évaluer la réalité des dommages, vérifier qu'ils sont bien la conséquence de l'intervention du plombier, et chiffrer le montant des réparations.
  3. Instruction du dossier : L'expert rend son rapport. L'assureur vérifie que les garanties du contrat sont bien acquises (l'activité de plomberie était bien déclarée, pas d'exclusion applicable).
  4. Indemnisation : Une fois la responsabilité établie et les montants validés, l'assureur indemnise directement les victimes (le client et son voisin). Le plombier n'a qu'à régler la franchise prévue à son contrat, par exemple 500 €. L'assureur prend en charge le reste.

Ce que ce cas révèle sur le choix du plafond de garantie

Ce cas pratique révèle l'importance cruciale du plafond de garantie. Imaginons que le total des dégâts s'élève à 25 000 €.

  • Avec un plafond de garantie suffisant (ex: 300 000 € par sinistre) : Le plombier ne paie que sa franchise de 500 €. Son entreprise est sauvée.
  • Avec un plafond de garantie sous-dimensionné (ex: 15 000 €) : L'assureur paie 15 000 €, mais le plombier doit trouver les 10 000 € restants sur sa trésorerie ou son patrimoine personnel. Pour une petite TPE, un tel montant peut être synonyme de cessation d'activité.

L'arbitrage sur le prix de la cotisation ne doit jamais se faire au détriment d'un plafond de garantie cohérent avec les risques réels de son métier. Économiser quelques dizaines d'euros par mois sur une prime peut coûter des dizaines de milliers d'euros en cas de coup dur.

Comment choisir et souscrire sa RC pro : les critères qui comptent vraiment

Le choix d'un contrat d'assurance RC Pro ne doit pas se faire à la légère. Pour une TPE ou un indépendant, il s'agit de trouver le meilleur équilibre entre un niveau de protection solide, un tarif maîtrisé et des conditions de gestion simples. Le marché est vaste, avec des offres proposées par des agents généraux, des courtiers, des mutuelles ou des assureurs en ligne.

Plutôt que de se précipiter sur l'offre la moins chère, il est recommandé de procéder avec méthode. La première étape consiste à bien définir ses besoins en fonction de son activité, de la taille de ses clients et des risques spécifiques de son métier. Une fois ce cahier des charges établi, la comparaison des offres devient plus objective et pertinente. L'objectif est de souscrire une couverture qui agira comme un véritable partenaire en cas de problème, et non comme une source de complications supplémentaires. Il peut être utile de comparer les tarifs réels de la RC pro par métier en 2026 pour avoir un ordre de grandeur.

Les 5 critères de sélection pour une TPE

Pour comparer efficacement les offres, une TPE doit se concentrer sur cinq points essentiels :

  1. L'adéquation des activités garanties : Vérifiez que le libellé des activités couvertes dans le contrat correspond précisément à tout ce que vous faites. Une activité omise ne sera pas couverte.
  2. Le niveau des plafonds de garantie : Le montant doit être suffisant pour couvrir le pire sinistre imaginable dans votre secteur. Ne le sous-estimez pas.
  3. Le montant de la franchise : C'est votre reste à charge. Assurez-vous qu'il soit supportable pour votre trésorerie. Une franchise basse est souvent préférable, même si la prime est légèrement plus élevée.
  4. Les exclusions du contrat : Prenez le temps de lire la liste des exclusions pour éviter les mauvaises surprises. Portez une attention particulière aux clauses sur les biens confiés ou les dommages immatériels.
  5. La qualité de la gestion et de l'assistance : En cas de sinistre, aurez-vous un interlocuteur dédié ? L'assistance juridique est-elle incluse et facilement joignable ? Ces services font la différence au quotidien.

Souscrire en ligne : avantages et vigilances

Souscrire une assurance RC Pro en ligne est aujourd'hui une option rapide et souvent compétitive. Les avantages sont clairs : des devis obtenus en quelques minutes, des tarifs souvent attractifs grâce à des frais de structure réduits et une gestion simplifiée via un espace client. C'est une solution particulièrement adaptée pour les activités standards et les créateurs d'entreprise pressés.

Toutefois, la vigilance reste de mise. Il faut s'assurer de la clarté des garanties proposées et ne pas hésiter à contacter un conseiller par téléphone si un point n'est pas clair. Avant de souscrire, il est aussi prudent de vérifier que l'intermédiaire ou l'assureur est bien immatriculé à l'ORIAS (2026), le registre unique des intermédiaires en assurance. Notre guide pour souscrire une RC pro en ligne : garanties, tarifs et pièges vous aidera à y voir plus clair.

Revoir sa couverture quand l'activité évolue

Une assurance RC Pro n'est pas figée dans le marbre. Votre entreprise évolue : vous lancez un nouveau produit, vous signez avec un client plus important, votre chiffre d'affaires augmente... Chacun de ces changements peut modifier votre exposition au risque. Il est donc essentiel de revoir votre contrat au moins une fois par an avec votre assureur.

Ne pas déclarer une nouvelle activité, même proche de votre métier de base, pourrait entraîner un refus de garantie en cas de sinistre lié à celle-ci. De même, si vous commencez à travailler sur des marchés plus importants, votre plafond de garantie initial pourrait devenir insuffisant. Une bonne pratique consiste à faire un point annuel complet pour ajuster les garanties et s'assurer que votre couverture reste parfaitement alignée avec la réalité de votre entreprise. C'est un réflexe simple qui garantit une protection efficace sur le long terme.

RC pro et statut juridique : micro-entrepreneur, EURL, SASU : ce qui change

Une confusion fréquente chez les entrepreneurs individuels et les dirigeants de petites sociétés est de penser que le statut juridique de l'entreprise les protège de tout. Si la création d'une société (EURL, SASU) permet en principe de séparer le patrimoine professionnel du patrimoine personnel, cette distinction a ses limites, notamment en matière de responsabilité civile.

La responsabilité civile professionnelle est attachée à l'acte professionnel lui-même, pas au statut de l'entreprise. Si votre prestation cause un dommage, la victime cherchera à être indemnisée par l'entité qui a facturé, c'est-à-dire l'entreprise. Sans assurance RC Pro, c'est donc la trésorerie et les actifs de cette entreprise qui devront payer. Pour une petite structure, un sinistre majeur peut rapidement mener au dépôt de bilan, que ce soit une micro-entreprise ou une SASU. L'assurance RC Pro est donc le rempart qui protège l'outil de travail, quel que soit son habillage juridique.

Micro-entrepreneur : pourquoi la RC perso ne suffit pas

L'erreur la plus commune chez le micro-entrepreneur est de croire qu'il est couvert par son assurance responsabilité civile personnelle, celle incluse dans son contrat multirisque habitation. C'est totalement faux. Les contrats d'assurance habitation excluent systématiquement et formellement tous les dommages causés dans le cadre d'une activité professionnelle, même si celle-ci est exercée depuis le domicile.

En cas de dommage causé à un client, l'assureur personnel se désengagera immédiatement. Le micro-entrepreneur se retrouvera seul face à la réclamation. Comme son statut ne crée pas de personne morale distincte, sa responsabilité est illimitée : l'ensemble de ses biens personnels (comptes bancaires, logement, véhicule...) peut être saisi pour indemniser la victime. La souscription d'une RC Pro dédiée est donc une nécessité absolue pour protéger son patrimoine.

EURL/SASU : la responsabilité limitée ne protège pas des tiers

Créer une société à responsabilité limitée (EURL, SARL) ou par actions (SASU, SAS) crée une personne morale distincte de celle du dirigeant. La responsabilité de l'associé est en principe limitée au montant de ses apports. Cela protège son patrimoine personnel des dettes de la société.

Cependant, cette protection ne joue pas pour la responsabilité civile vis-à-vis des tiers. Si l'entreprise est jugée responsable d'un dommage, elle doit indemniser la victime avec ses propres actifs. Un sinistre de 50 000 € sur une SASU avec un capital de 1 000 € et une faible trésorerie conduira inévitablement à la liquidation. La "responsabilité limitée" ne signifie pas "responsabilité annulée". De plus, en cas de faute de gestion prouvée, la responsabilité personnelle du dirigeant peut être recherchée. L'assurance RC Pro est donc le seul moyen de protéger la personne morale (l'entreprise) contre les conséquences financières de ses propres erreurs.

Sources

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

FAQ

L'assurance RC pro est-elle obligatoire pour tous les professionnels ?

Non, l'assurance RC pro n'est légalement obligatoire que pour les professions dites réglementées (santé, droit, BTP, immobilier, etc.). Pour les autres, elle reste facultative mais est souvent exigée par les clients ou partenaires et demeure indispensable pour protéger l'entreprise en cas de sinistre.

Quelle est la différence entre une RC pro et une RC d'exploitation ?

La RC pro couvre les dommages causés à des tiers (clients, fournisseurs) durant l'exécution d'une prestation (ex: erreur de conseil, malfaçon). La RC d'exploitation (RCE) couvre les dommages survenant pendant la vie courante de l'entreprise, hors prestation (ex: un client qui glisse dans vos locaux).

Que se passe-t-il si je n'ai pas de RC pro et qu'un client me réclame des dommages ?

Sans assurance RC pro, le professionnel doit indemniser la victime sur ses fonds propres, professionnels et personnels. Selon la gravité du dommage, cela peut entraîner la faillite de l'entreprise et un endettement personnel important, car la responsabilité est illimitée.

La RC pro couvre-t-elle les dommages causés par mes salariés ?

Oui, la garantie RC pro couvre les dommages causés aux tiers par les personnes dont l'entreprise répond. Cela inclut les salariés, mais aussi les apprentis, les stagiaires ou même les sous-traitants, dans l'exercice de leurs fonctions pour le compte de l'entreprise.

Comment déclarer un sinistre à mon assurance RC pro ?

Dès la connaissance du dommage ou de la réclamation, il faut contacter l'assureur par lettre recommandée avec accusé de réception, généralement sous 5 jours ouvrés. Le courrier doit décrire précisément les circonstances, la nature et l'estimation des dommages, et joindre tout justificatif utile (photos, témoignages, devis).

La RC pro est-elle déductible fiscalement pour une TPE ?

Oui, les cotisations d'assurance responsabilité civile professionnelle sont considérées comme des charges d'exploitation. Elles sont donc entièrement déductibles du résultat imposable de l'entreprise (Impôt sur les Sociétés ou Impôt sur le Revenu), ce qui diminue la base de calcul de l'impôt.